Doc Gynéco consulte sur le Petit Dictionnaire de la Chanson.....octobre 2003

Bruno Beausire Clichy 7 juillet 1974-

Avec son flegme légendaire qui frise parfois l’amorphie, Doc Gynéco est une des artistes les plus politiquement correct de la scène rap française. Loin des frasques retentissantes de Joey Star, loin des propos engagés et contestataires des IAM ou autres Fonky Family, le jeune rappeur joue dans un autre registre : celui de la sensualité (voire de la sexualité), de la séduction, et de l’humour. Un rôle qui lui va à ravir et qui lui apporte notoriété et respect du public.


Un rappeur tout en finesse

Bruno Beausire naît le 7 juillet 1974 à Clichy-sous-Bois, près de Paris, de parents guadeloupéens. Après une scolarité chaotique, il entame des études de comptabilité. Lorsqu’il a seize ans, son père quitte le domicile familial, laissant Bruno seul avec sa mère. De cette épreuve, il garde une grande complicité avec celle-ci et une sensibilité non feinte. Le jeune homme et sa mère, assistante sociale, s’installent alors dans le 18ème arrondissement de Paris, quartier de La Chapelle. C’est là finalement que se jouera son destin. Livré à lui-même, il est d’abord tenté par la rue et ses mauvaises fréquentations. Mais il n’a pas l’âme d’un voyou, ni le physique... Plutôt attiré par les filles, il a dès le lycée une réputation de tombeur qui lui vaut les surnoms de « langue de velours » puis de « Doc Gynéco ».

Mais Bruno ne se contente pas de séduire. Son truc à lui, c’est l’écriture et surtout la chanson. Pas le rap de banlieue pur et dur, mais les grands auteurs comme Aznavour, Ferrat, Renaud, Souchon ou Gainsbourg. Ce dernier, joueur de mots et grand compositeur inspirera tout autant un certain MC Solaar. C’est pourtant au sein d’une formation de banlieue que Doc Gyneco enregistre son premier titre en 1993. Autopsie paraît alors sur l’album 95200 du Ministère Amer (dont Stomy Bugsy et Passi font aussi partie). Ce titre se démarque des autres compositions de l’album et donne envie au jeune homme de se lancer seul. Il ne lui manque ni le talent, ni la gouaille. Pour sortir du lot, il n’hésite pas à tenir des propos intelligents certes mais accusateurs. Il dénonce ainsi les « grandes gueules » du rap français, gangsters en herbe et porteur de violence et de haine. A la manière de son aîné Mc Solaar, Doc gynéco veut prouver que le rap sait être autre chose qu’une musique de voyou. Ses propos lui vaudront l’animosité de nombre de ses anciens camarades, mais n’entameront en rien son impassibilité.

Première consultation, son premier album enregistré aux Etats-Unis, sort chez Virgin en 1995 et s’impose d’emblée par son rythme syncopé et lent, entre biguine (il est fan de Kassav), groove, funk et rap. Un son nouveau pour un artiste nouveau. 700 000 exemplaires se vendent comme des petits pains et l’opus devient disque de Platine. Le public et la profession plébiscitent Doc Gyneco pour ses allures sympathiques et calmes, et pour ses textes sensuels (voire coquins) et poético-humoristiques. Ses apparitions télé sont autant de moments de bonheur : toujours prompt à saisir la phrase au bond, le rappeur se révèle un fin interlocuteur malgré ses provocations. Les « anciens » sont aussi séduits par Doc et on le retrouve en compagnie des Rita Mitsouko ou en concert avec Julien Clerc, en apparence très opposé à son style.

Mais le jeune homme ne tardera pas à s’attirer les foudres des médias par certaines de ses bravades , comme lorsqu’il enregistre en octobre 1997 C’est beau la vie avec Bernard Tapie, ancien homme d’affaires touche-à-tout et plusieurs fois condamné. Sa sympathie déclarée pour les drogues douces, les rancœurs du milieu du rap, sa façon de traiter de sujets délicats (le suicide dans Nirvana) ou de parler des femmes (son single Ma salope à moi fait bondir les féministes), poussent Doc Gyneco sur la corde raide. Il ne suffit pas de faire parler de soi. Encore faut-il avoir le talent nécessaire pour durer. Son deuxième album Les liaisons dangereuses sort fin 1998 et ne rencontre d’ailleurs pas le succès escompté. Relation de cause à effet ?

Mais Bruno n’est pas prêt de s’avouer vaincu. Il enregistre Quality Street en 2001 puis Solitaire en septembre 2002, deux albums mûrs pour lesquels le rappeur s’est entouré de la fine fleur de la chanson contemporaine : Laurent Voulzy, M aux guitares, Tonton David, Catherine Ringer, Renaud, Stomy Bugsy ou Chiara Mastroianni aux chœurs. Solitaire lui permet d’obtenir une Victoire de la Musique et relance définitivement la carrière du chanteur. Il multiplie les passages télé, toujours légers (Nice People, On ne peut pas plaire à tout le monde, Les enfants de la télé, Laure de vérité,...), s’assurant la sympathie du public.

A presque trente ans, ce père de trois enfants (Alda, Jeanne et Bruno) reste fidèle à son image. Un homme sensible, drôle, attachant qui a réussi à se débarrasser définitivement de son image de rappeur de banlieue. Menant une existence on ne peut plus tranquille près de Paris avec sa femme et ses enfants, il continue de produire des albums de grande qualité, plébiscités par un vaste public.

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